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Nouveau nom à Morton (86)

Après avoir effectué des recherches sur les hommes de Morton décédés lors de la Première Guerre Mondiale, je me suis aperçu que le nom d’un homme manquait sur le Monument aux morts. En effet, étant déclaré « mort pour la France » et domicilié en dernier lieu à Morton, il est tout à fait légitime qu’il figure dessus. J’ai donc décidé d’enquêter afin de pouvoir effectuer la demande auprès de Monsieur le maire.


Cet homme, c’est René RUELLAN. Sa famille, originaire des Côtes d’Armor (anciennement Côtes-du-Nord) a fini par s’expatrier dans le Poitou. C’est à la suite de la mort du grand-père de René en 1886 que sa grand-mère, son père et ses tantes viennent s’installer à Morton. Pourquoi particulièrement dans ce petit village du nord de la Vienne ? Je n’en sais malheureusement rien. Toujours est-il que le père de René, Jean, retourne se marier en Bretagne en 1897 avec Anne-Marie LUCAS et va s’installer avec elle à une vingtaine de kilomètres de Morton, à Saint-Jean-de-Thouars, dans les Deux-Sèvres. C’est l’année suivante que le couple donnera naissance à René, leur unique enfant.


Mais le malheur allait s’acharner sur René, qui perd son père en 1906, puis sa mère deux ans plus tard en 1908. Il se retrouve donc à l’âge de dix ans orphelin de père et de mère. Il est alors recueilli par sa tante Louise qui vit à Morton.


Puis vient la guerre. Il est trop jeune lorsque celle-ci éclate, mais il est incorporé le 30 juin 1917 au sein du 68e régiment d’infanterie basé au Blanc. C’est là qu’il fait ses classes, puis est envoyé au front dans le 90e régiment d’infanterie le 1er décembre 1917.


Il est ensuite muté au 153e régiment le 8 juin 1918, dans la 2e compagnie de mitrailleuse. Son régiment est au repos vers Moussy-le-Vieux, au nord-est de Paris. Le 23 juin, il suit son régiment qui rejoint le front à la cote 204, qui domine Château-Thierry.


Le 20 juillet, le régiment prend ses positions d’attaque. L’attaque elle-même ne sera lancée que le lendemain, à 4h. Les hommes avancent sans trouver de résistance et stoppent pour la nuit. Le 22 juillet, l’attaque reprend en rencontrant cette fois plus de difficultés et subissant des contre-attaques ennemies. C’est à ce moment-là que René est touché, souffrant d’un écrasement du bras et du pied gauche à cause d’un éclat d’obus. Il est pris en charge par l’ambulance et est transféré à l’hôpital militaire de Bourges. C’est là qu’il décède le 31 juillet 1918 des suites de ses blessures.


C’est au moment de la déclaration de décès que survient l’erreur qui fera que son inscription sur un monument sera oubliée. En effet, sa fiche Mémoire des hommes indique la transcription du décès dans les registres de Thouars, mais celui-ci sera finalement fait dans ceux de Morton. Etant mort pour la France et son acte de décès confirmant son dernier domicile à Morton, il est donc éligible à l’inscription de son nom sur le Monument aux Morts de Morton.


Après avoir effectué la demande à la mairie, monsieur le Maire a accepté cette requête et le nom figure désormais aux côtés de ses camarades d’infortune.

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