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Meurtre à Loudun

Le 1er juillet 1861, un homme est exécuté à Poitiers, guillotiné. Le fait que cette histoire se soit déroulée à Loudun, ville que je connais bien, a attiré mon attention et je ne pensais pas que cette affaire avait fait autant de bruit à cette époque. Les journaux de toute la région, jusqu’en Gironde suivent l’affaire.


Charles-Marie Talbot, est un homme multi-condamné depuis sa jeunesse, principalement pour des violences exercées sur des femmes. Durant son service militaire, il a déshonoré l’uniforme et s’est donc retrouvé dans les compagnies de discipline. Une fois civil, il multiplie de nouveau les crimes et condamnations. Mais venons-en à cette journée du 27 février 1861, et qui fera basculer cette petite ville de Loudun dans le sordide.


Alors que Talbot se trouve au cabaret Vautier dans la rue des Meurs, il boit en compagnie de trois hommes, servit par la femme Vautier. Les trois compagnons, après avoir épuisé leur soif sortent du débit de boisson, laissant seuls Talbot et la femme Vautier. Il reste un peu, puis quitte l’établissement à son tour, disant aller chercher de quoi régler sa dette. Il est de retour une heure après, et demande de nouveau à boire en la questionnant sur la présence de son mari. Cette dernière, sans méfiance, lui confie que son mari s’absente en ville la journée.


Après un rapide coup d’œil en dehors de la taverne pour s’assurer que personne ne s’approche, il se dirige vers elle alors qu’elle a le dos tourné et lui enfonce une alène dans le côté droit du cou. Elle se relève, enlève la lame d’environ neuf centimètres de son cou et se met à hurler pour appeler à l’aide. Effrayé par les cris, Talbot s’enfuit à travers les jardins. Il est poursuivi, recherché dans toute la ville et finalement retrouvé dans un autre cabaret, celui des époux Sabion. Il tente de nier les faits, mais passe aux aveux lorsqu'on veut comparer ses empreintes à celles du jardin. Il avait pour objectif de voler la dame une fois qu'elle serait hors d'état de se défendre.


Mais cette affaire en fait remonter une plus ancienne. Talbot vivait depuis une dizaine d'années avec un concubine du nom de Rose-Marie Gaudin. Moins de deux mois avant cette agression, le 10 janvier, la voisine la plus proche de leur logement a entendu celle-ci hurler « Je t'en prie, ne me fais pas de mal ! ». Or depuis ce jour-là, personne ne l'a revue. Chaque fois qu'on l'interroge sur le sujet, il reste vague. Les témoignages des voisines confirment les doutes des enquêteurs. Celles-ci leur rapportent les propos de madame Gaudin « Vous verrez que je ne périrai que par les mains de Talbot ; un jour ou l'autre vous entendrez dire qu'il m'a tuée. » Il se défend mais fini par avouer son crime. Dans la soirée du 10 janvier, après une vive dispute, il lui assène un violent coup de poing au visage qui l’assomme et la fais tomber à la renverse. Il lui donne ensuite un coup de couteau pour ensuite lui ouvrir le ventre et la poitrine pour enfin l'enterrer dans la cave qui leur servait d'habitation. Son avocat, pour le défendre, décrit la soirée du crime. Après une journée de travail, et après avoir bu quelques verres, Talbot rentre chez lui et est reçu par des injures et la colère de sa concubine. C'est à la suite de cela qu'il s'énerve et frappe. Le 02 mars suivant, les gendarmes se rendent dans l'habitation de Talbot rue des Cours, dans le faubourg Porte-de-Chinon afin de vérifier ses dires, et découvrent le corps de la malheureuse.


La plaidoirie de l'avocat de la défense ne s’avérera pas suffisante, car à la suite de son procès, Talbot est condamné à mort le 23 mai. Le 27 mai, Talbot se pourvoit en cassation, afin que son procès soit révisé. Mais la cour de cassation, dans sa séance du 15 juin confirme le premier verdict et la condamnation à mort de Talbot.


Cette sentence est appliquée le 06 juillet à 4h45 sur la place du Pont-Guillaume à Poitiers et Talbot est guillotiné.


Cette affaire retentit encore de nos jours, avec notamment une lettre manuscrite signée de Talbot alors qu'il était encore à la maison d'arrêt de Poitiers en vente sur Ebay.

Nouveau nom à Morton (86)

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